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Le triangle des Belles Murges

le 9 juillet 2013 à 02:04

VISITE INSOLITE - On parle beaucoup d’oenotourisme en ce moment. Ben oui, c’est les vacances, une région viticole, tout ça tout ça. Du coup, l’alcoolotourisme, le pauvre, il se sent tout seul dans son coin car il n’a pas d’amis. T’inquiète, Jondi est là pour toi.

Triangle-des-Belles-Murges_1767

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Le parcours que nous vous proposons ici vous mènera dans les limbes de la nuit dijonnaise. Une zone un peu trouble où de nombreux trous noirs ont été enregistrés (ou pas d’ailleurs). Entre nous, on l’appelle le triangle des Bermudes. On y a perdu des potes, des neurones pour certains, mais aussi et surtout notre plus précieux symbole: la chouette. Qui ne serait qu’un dommage collatéral d’une longue série de phénomènes inexpliqués, mais expliquables. Les clefs pour comprendre, carte à l’appui.

 

 

 

 

A – Tout commence en des temps reculés avec l’ouverture d’un bar de ouaouaches rue Jeannin. Un vrai, avec des vrais morceaux de ouaouaches dedans. J’ai nommé, Le Vieux Léon. Quelques semaines plus tard, un punk perd son chien. Ni l’un ni l’autre n’ont été revus. C’est le début d’une longue série de disparitions que la seule raison n’a à ce jour pas encore pu expliquer. Original since 1998, c’est Baffe qui te sert ton verre.

B – A quelques pas de là se trouvait un autre bar, champion du blanc à la tireuse, donc pas cher, mais tellement cra-cra que personne n’a jamais osé le boire pur. Faut du sirop, beaucoup de sirop. Les grandes heures du Quentin, au coin des Halles. Je sais plus le prénom de la patronne, mais elle s’en enquillait pas mal. Comme le montre ce plan de 1767, le bar est au bord du Suzon, qui coule aujourd’hui sous les pavés. Un flux énergétique qui serait responsable, selon Werner Van de Bruyt, professeur de science ficitf à l’université de Bourgogne, de la formation d’un vortex. Et les trous noirs ici ne datent pas d’aujourd’hui.

C – D’autant plus que, planqué dans le coin d’une petite ruelle adjacente, un bar séculaire en a enterré plus d’un. La planche de fer à repasser en terrasse donne le ton. Une ambiance bar de village en plein centre-ville, des taros défiant toute concurrence, et quelques habitués, tellement habitués qu’on se rend compte qu’au final, ils se marient très bien avec le mobilier. Des joueurs de ping-pong, des “épongistes”, que l’on croise le matin dans un de ces bars, le soir dans l’autre. Bienvenue au Chez Nous. Ici c’est Sam qui te sert. Il est super cool, Sam. Mais faut pas le faire ch…

1 – La nuit où tout a basculé (‘culé!)

Ce n’est finalement qu’une victime parmi tant d’autres (voir infographie ci-dessus). Dans la nuit du 5 au 6 janvier 2001 (un vendredi soir), LA chouette de Dijon se prend des coups de marteau ou de burin, bref, explosée. On ne connait pas trop l’origine de cette sculpture, sur un pilier de la face notre de l’église Notre-Dame. Un truc contre les Juifs? Un symbole de la lumière du Christ contre les ténèbres? On entend tout et n’importe quoi (et des fois vraiment n’importe quoi) mais nous, on est persuadés que c’est l’oeuvre d’un taggeur du XIIIe siècle. Une sorte de Banksy médiéval. L’affaire n’est pas résolue à ce jour, mais Werner Van de Bruyt est convaincu que ce n’est qu’une victime parmi tant d’autres, et que le vrai coupable, c’est le triangle maudit. Il est un peu parano mais faut dire qu’il regarde beaucoup la télé. Voici les éléments qu’il a pu recueillir:

2 – Novembre 2004. Un étudiant en psycho perd sa boulette en roulant un spliff sur le rebord de la fenêtre de la maison Millière (une des plus vieilles maisons de Dijon, avec des tarifs un peu chers mais la cour intérieure vaut vraiment le coup par beau temps). Pas de chance pour lui, c’est Werner qui l’a retrouvée le lendemain au cours de sa ronde quotidienne.

3 – Juillet 2003. En pleine canicule, Werner retrouve un préservatif usagé dans le petit coin planqué. Les tests ADN sont en cours.

4 – Janvier 1999. Un punk perd son chien. Une habitude dans le quartier.

5 -  Juin 2002. Un étudiant perd sa carte bancaire dans le distributeur. Trois fois code faux. Une prise de sang l’aurait révélé positif aux champignons psychotropes.

D – Le Quentin, c’est plus ce que c’était. Oui les temps changent et les toxicos (à un moment, y en avait des authentiques, mais comme ils meurent jeunes, y en a moins maintenant) ont laissé la place à une clientèle un peu plus bo-bo, surtout depuis qu’ils ne servent plus les gens un tantinet éméchés (seuil de tolérance très bas, testé pour vous). Cela dit leur terrasse est sympa. Mais le triangle des Bermudes aurait-il à son tour disparu? Dans les milieux alcoolisés, il se murmure que non. En face du “Vieux”, depuis quelques mois, le Point d’Eau, le pas-si-bien-nommé, redonne une dynamique au vortex, explique Werner Van de Bruyt. Une redistribution des cartes (de coinche) qui déplace le centre de gravité de ce nouveau triangle qui se dessine vers le bout de la rue Jeannin, qui deviendra (souviens-t’en-z-en, on aura été les premiers à l’écrire) la rue Berb du XXIe siècle si tu vois ce que je veux dire. Ces fameux bars parallèles que la nouvelle presse locale nous envie!  Au Point d’Eau, y a tout ce qu’il faut: tarifs corrects (c’est pas la place de la Lib non plus), terrasse au sud (si t’as trop chaud, en face c’est à l’ombre et qui lut ça dans le vice versa), fléchettes, baby et ping-pong de table à l’ancienne (on attend avec impatience un potentiel Triathlon)…  C’est Dam et Toff au comptoir, et on les aime bien aussi parce qu’ils sont sincères. Alors après avoir pleuré la chouette, après avoir posé un cierge sur le distributeur de la rue Musette, après vos prières dévotes devant le rebord de fenêtre de la maison Millière, après avoir bu un petit blanc dans chacun des coins du triangle des Belles Murges, terminez en beauté, passez leur dire bonjour. Et rappelez-vous la devise: un demi, un baby.

 

 

3 commentaires à propos de “Le triangle des Belles Murges

  1. Une proposition de sorties vraiment originale : je ne connais aucun étudiant s’amusant dans ces bars-là, ils ne sont pas très connus, non? Peut-on y boire de l’alcool pas cher?

  2. Michel Latoute on juillet 9th, 2013 at 09h20
  3. Joli titre, mais c’est dûr de trouver un triangle à dijon, il n’y a qu’une rue.

  4. aha on juillet 27th, 2013 at 12h08
  5. Et sinon t’es déjà venu(e) à Dijon? ;-)

  6. jondi on juillet 27th, 2013 at 14h00

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